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Cabaret pédagogique 

Mise en scène : Patrick Abejean

Avec Patrick Abéjean, Denis d’Arcangelo et Catherine Pavet.

Janvier 2003, Cave Poésie, 

Les Pronomades, Festival d’Avignon, tournée en France

Le spectacle est conçu comme une juxtaposition hétéroclite de “morceaux choisis” à la manière du “Lagarde et Michard” ou comme une journée de classe au cours de laquelle les leçons se succèdent sans rapport les unes avec les autres : morale, calcul, géographie, rédaction...

Les trois comédiens chanteurs défendent le texte avec la passion et l’insolence gouailleuse des diseurs de café concert.

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Hommage ou pied de nez au « Lagarde et Michard », ce spectacle conçu autour de l’école offre un florilège de morceaux choisis, épiques, et parfois nostalgiques sur la terrible condition d’élève. Version café-concert, ce « cabaret pédagogique pour adultes » mêle chansons (Trenet, Brassens, Desnos) et textes (de Dolto à Platon, d’Albert Jacquard à Hannah Arendt). Trois comédiens chanteurs, tour à tour maîtres et élèves, passent de la salle à la scène – de la salle de classe au tableau – pour d’exubérantes et néanmoins pertinentes démonstrations de morale, de calcul, de géographie… Creuset de la société, cette école aligne fayots et bons élèves, dégourdis et mesquins…

Ce spectacle sur l’école, qui échappe au folklore, pose des questions peu académiques. Cette école singulières n’est-elle pas destinée aux adultes ?

En retrouvant ainsi, grâce aux tréteaux et aux chants, une certaine intimité collective, qui combat l’individualisme ambiant, Les Cyranoïaques et leur metteur en scène Patrick Abéjean, inventent un cabaret contemporain politique. 

Sans pathos mais avec flonflons, leur école est buissonnière et instructive. Ils se gardent de prendre parti, mais poussent loin la réflexion. Ce divertissement pointe les écueils du système scolaire, tout en restant du coté de l’art. Il ne juge pas. 

Nul besoin de diplômes ou de mot d’excuse, il suffit, comme dirait Giono, d’être « agrégé en Soleil ».

Hervé Pons

 

On corrige les copies, on se tire la langue, on chante Bali-Balo, cette variante de cour de récré du « Père Dupanloup » de nos aïeux ; bref, on s’y croirait vraiment.

L’ensemble –bien monté, bien joué, bien chanté- est charmant, marrant et plus profond qu’il n’y paraît. Tout public, de surcroît : les plus jeunes y retrouvent leur quotidien, en mieux ; les plus anciens, la nostalgie du temps où leur tête était blonde encore et non chenue ; et dans l’entre-deux, d’aucuns en tirent peut être une meilleure compréhension de ce que souffre leur progéniture. Allez, 18/20 !

Jaques-Olivier Badia